La plume d'Héloïse

Une passion pour l'écriture depuis longtemps, et l'envie de l'assouvir...enfin, et de la partager.

24 novembre 2009

L'histoire d'une graine...

Ci-dessous un texte, qui cette fois n'est pas de moi, le thème ne m'a pas inspiré mais il semble, et je l'espère, que j'ai transmis le goût de l'écriture à une personne à qui je tiens énormément... et qui tient pour le moment à rester dans l'anonymat. Alors je vous laisse découvrir sa nouvelle. Le principe était qu'elle devait débuter par: "c'est l'histoire d'une graine, d'une toute petite graine..."
N'hésitez pas à laisser vos commentaires, l'auteur de ce texte en a besoin...Merci

Il était une fois une graine, une toute petite graine minuscule presque ridicule que le vent avait posée là. Son petit ventre bombé se dorant au soleil, elle s’apprêtait à communier avec la terre mais le destin en avait décidé autrement.

Dans la lueur de l’aube naissante, une petite mésange à tête noire, perchée sur la branche d’un saule chétif, s’ébrouait aux premiers rayons d’un pâle soleil printanier. Son œil rond eut tôt fait de repérer cette petite tache claire et, d’un bruissement d’aile, l’oiseau la prit précautionneusement dans son bec. C’était un bien maigre repas qu’elle s’apprêtait à porter à sa progéniture affamée qui l’attendait en piaillant, mais, depuis la veille, c’était tout ce qu’elle avait pu trouver.

Survolant le petit bras de mer la séparant de son nid, elle aperçut le vol zigzaguant d’une grosse mouche noire. Lâchant son modeste fardeau, elle se précipita sur ce met de roi qui s’offrait à elle et qui sauverait, à coup sûr, ses petits d’une mort certaine.

Le hasard voulût que dans sa chute, la petite graine ne tomba pas à l’eau mais dans la poche d’un vieux veston qui pendait à l’arrière d’un petit chalutier. Le vieil homme au visage buriné qui en tenait la barre suivait d’un œil mélancolique le filet qu’il trainait derrière son bateau. C’était la dernière fois que le pêcheur emmenait son fidèle compagnon en ces lieux.  En effet, faute d’argent, son navire serait revendu dés le lendemain.  

Bien sûr, il avait tout tenté depuis trois longues années pour échapper à la faillite qui le menaçait mais la pêche avait été désastreuse. La mort dans l’âme il avait dû, afin de rembourser ses dettes, se résoudre à vendre son bateau.

Il était en train de ruminer ces sombres pensées quand tout à coup, les câbles retenant le filet se raidirent, stoppant net la progression de l’embarcation, menaçant de la couler par l’arrière. Le bonhomme sauta sur la manette des gaz pour faire reculer son bateau et essaya de dégager le chalut probablement pris sur un rocher immergé. Au bout d’un temps qui lui parut interminable, quelque chose céda sous l’eau et il commença à remonter lentement le filet qu’il lui faudrait maintenant réparer pendant la journée à venir. Quand les derniers mètres de l’engin de pêche sortirent de l’écume bouillonnante, un gros morceau de roche apparût au milieu des mailles déchiquetées du filet. Tout en maugréant sur le sort qui semblait s’acharner en lui promettant des heures et des heures de couture, il remarqua une sorte de renflement rectangulaire incrusté dans le côté du bloc. Il ramena l’ensemble tout dégoulinant à bord et commença à l’aide d’un gros marteau et d’un burin, à dégager l’objet de sa gangue minérale. Le roc était aussi dur que de l’acier et résistait aux coups répétés que le vieux lui assénait avec une vigueur surprenante pour un homme de son âge. Au bout d’un long moment, il fit tomber sur le pont un vieux coffret de chêne cerclé de fer rouillé qu’il saisit d’une main tremblante et déposa délicatement devant lui. A l’aide d’un tournevis il crocheta l’antique serrure et en souleva le couvercle.

Le cœur bondissant comme un cheval fou dans sa vieille poitrine, il vit apparaitre une cinquantaine de pièces de métal jaune.

-  Mais c’est…c’est de  l’or, de l’or, oh sainte mère de dieu, de l’or !!!» s’exclama le

vieil homme agenouillé. Il leva devant lui une de ces pièces qu’il regardait incrédule, une larme coulant doucement à la commissure de ses yeux délavés. Jamais, même dans ses rêves les plus fous, il n’avait imaginé tomber sur pareil trésor.

Il partit dans un grand éclat de rire et se mit à danser une gigue endiablée sur le pont du petit bateau balloté par la houle du large. Reprenant la barre en souriant, il fit route vers le petit port niché à dix milles de là, derrière ses grosses digues protectrices. Il accosta en douceur le long d’un vieux quai de granit sur lequel il sauta avec la souplesse d’un mousse pour amarrer son petit chalutier. Après avoir consciencieusement rangé son matériel et enfermé le précieux coffre dans une petite cache sous  le compas de route, il remit sa vieille veste usée par les embruns. Il ferma à clé la porte de la timonerie  et débarqua d’un pas léger vers le bistrot de la marine non sans avoir jeté au passage, d’un geste théâtrale, la pancarte marquée « à vendre » dans les eaux sombres du port en riant comme un enfant.

En arrivant devant le bar d’où s’échappaient des éclats de voix et des relents de vin rouge, il remarqua une jeune fille assise sur un banc. Elle sanglotait doucement, fouillant son sac à main posé à côté d’elle d’un geste nerveux, à la recherche d’un mouchoir en papier. Le vieil homme s’arrêta à sa hauteur et prit dans sa poche un mouchoir immaculé plié en quatre qu’il lui tendit en souriant.

-  Allons ma petite demoiselle, faut pas laisser pleurer de si beaux yeux un soir de

printemps, tenez, prenez le, il est tout propre, séchez moi ces vilaines larmes qui vous vont si mal et faites moi un sourire qui, j’en suis sûr, vous ira si bien…

Quand il lui donna son mouchoir, il ne remarqua pas la petite graine qui s’en échappa pour tomber dans le sac de la jeune femme et, lui adressant un dernier sourire, il poussa la porte du café enfumé. Restée seule, Elodie, c’était son prénom, enfouie son visage dans ses mains et éclata en sanglots. Elle se leva brusquement et prit la direction du parking ou l’attendait une vieille Renault quatre beige. Elle arriva devant une vieille longère nichée dans la lande qui surplombait la mer.

Cette bâtisse trapue flanquée de deux petites dépendances appartenait à sa famille depuis presque six générations. Elle était la fierté d’Elodie et, aidée de son mari, elle en avait commencé la restauration quatre années plus tôt. Ils y avaient engloutis toutes leurs économies y passant tous leurs week-ends et leurs vacances. Mais à la fin du mois de février une grosse Mercedes était arrivé dans la cour et un homme de forte corpulence en était descendu.

- Bonjour messieurs dames, je suis promoteur immobilier et je viens de racheter les

terres qui vous environnent pour construire un complexe touristique. Votre vieille maison m’intéresse car elle est située à proximité du futur hôtel donnant sur la mer. Vu le prix que je compte vous proposer, vous serez largement…

Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase qu’Elodie le repoussa dans sa voiture en hurlant :

- Jamais ! Vous entendez, jamais je ne vous vendrai ma maison ! Fichez-moi le camp

avant que je ne vous flanque dehors !  

L’homme démarra en trombe tout en lui criant :

- Je l’aurais votre bicoque et pour bien moins que je voulais vous en donner. J’ai le bras

long, vous verrez… 

En effet, un mois et demi après, ils avaient reçu un courrier du conseil général. Elle leur expliquait qu’une route, indispensable à la commune et menant au complexe, traverserait leur propriété. Ils seraient indemnisés au tarif en vigueur sur le département et devaient avoir quittés la maison dans les six mois. 

Ce fut comme un coup de poignard pour Elodie. Elle avait remuée ciel et terre pour éviter cette expulsion et avait même organisé une manifestation devant la sous préfecture. Mais rien n’y avait fait. Les bulldozers et autres pelleteuses avait envahit les alentours et déjà cinq étages d’un hôtel hideux leurs masquaient le bout de la falaise.

Ce soir était l’avant dernier soir avant la date fatidique. C’est pour cette raison qu’elle était descendue au café du port essayer de supplier une dernière fois le promoteur qui y tenait une réunion de chantier. Elle s’était faite pratiquement jetée dehors sous les éclats de rires et les grossièretés des participants.

En arrivant dans la cour, elle s’assit sur un petit banc de granit et contempla ce qui était pour peu de temps encore sa demeure. Elle remarqua soudain que le vent s’était levé rapidement et soufflait en violentes bourrasques. Le ciel était d’un noir d’encre et zébré d’éclairs aveuglants. Jamais elle n‘avait vu d’orage aussi menaçant approcher et elle se précipita dans la cuisine se mettre à l’abri des grosses gouttes qui commençaient à tomber. Le tonnerre faisait à présent vibrer les fenêtres que la pluie martelait à l’horizontal. Malgré les épais murs de pierres qui la protégeaient elle ne se sentait pas rassurée. La tempête maintenant faisait rage et les impactes de foudre explosaient tout autour de la maison faisant trembler le sol. Tout à coup, un bruit assourdissant la fit sursauter, le bruit d’une montagne qui s’écroule, et elle se mit à hurler.

Cet orage titanesque charriait à présent des torrents de boue et dura encore une bonne heure avant de s’éloigner sur l’océan. Quand Elodie sortit enfin de la maison pour constater les dégâts, elle en resta les bras ballants ; l’hôtel ainsi qu’un pan entier de la falaise avait disparus et gisaient plus de trente mètres en contrebas ravagés par les vagues tandis que les engins de terrassements étaient figés dans des poses grotesques sous des tonnes de rochers.

Du futur site touristique il ne restait rien…

Dés le lendemain matin, elle constata que seules quelques dizaines d’ardoises s’étaient arrachées de la toiture, un vrai miracle. Sa précieuse demeure resterait sa propriété, un coup de téléphone au notaire une heure avant l’en avait assurée. D’un cœur léger elle sortit son petit appareil photo de son sac à main pour prendre quelques clichés pour l’assureur et ne remarqua pas la petite graine qui en tomba.

Un mois plus tard, une petite pousse se gorgeait des premiers rayons du soleil, ses quatre feuilles minuscules frémissant dans la lumière intense.

C’était un trèfle…   

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15 octobre 2009

Précision

Je me permets une petite précision (pour ma petite maman...): le texte ci-dessous est un extrait du roman que je suis en train d'écrire, il s'agit du début.

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13 octobre 2009

Roman en cours

Voilà, j'ai commencé un roman il y a quelques mois, deux romans en fait. Pour celui dont je parle ici, j'en suis à une trentaine de pages au début, et j'ai commencé la fin, ne cherchez pas la logique il n'y en a pas.
Quelques uns de mes amis ont accepté de lire les trente premières pages, il semble que ça leur ai plu. Alors aujourd'hui, je me lance et vous met juste le début afin de savoir si vous avez envie de connaître la suite.

J‘ai mal, tellement mal que je ne sens plus la douleur de mon corps en morceaux, je suis là, allongée sur les pavés glacés par le froid de janvier, avec la sensation que mon corps tout entier s’y enfonce.

J’ai sauté, sauté du troisième étage de mon immeuble, sauté pour en finir, sauté pour mourir, mais maintenant, je suis en bas, sur le trottoir, allongée, le corps complètement écrasé, et semi consciente.

J’entends au loin, le brouhaha des gens, qui sont pourtant tout près de moi, qui me touchent, qui se demandent si je suis vivante…oui je vis encore, mais je suis en train de mourir, parce que je l’ai voulu.

Maintenant que je suis presque de l’autre côté, je me dis que je n’aurai pas du, j’aurai du me battre, m’en sortir, survivre, mais il est trop tard, je pars…J’entends les sirènes des pompiers qui viennent me secourir, je sais qu’ils ne pourront rien pour moi, je meurs…

Je meurs et je pense à tous ceux que je laisse, ma famille, mes amis, celui pour qui je suis en train de mourir, je sais que tous vont être tristes et malheureux, je m’en veux.

Tous ont essayé de m’aider, et voilà comment je les remercie.

 

On me soulève, je suis sur un brancard, j’aperçois des visages, on me parle, je ne réponds pas, je ne peux pas.

 

Je m’appelle Elsa, j’ai 28 ans et je viens de me suicider.

 -----------

 
Tout commence il y a cinq ans, un mois et quatre jours, le premier décembre deux-mille-trois. C’est un samedi, je suis invitée à dîner chez ma meilleure amie, à l’occasion de sa crémaillère. Elle s’appelle Juliette et vient d’emménager avec son petit ami du moment dans une jolie maison du centre ville. Juliette est mon amie depuis longtemps, nous nous sommes rencontrées dans un petit troquet que nous fréquentons toutes les deux, dans lequel nous avons passées des soirées mémorables, à draguer, se faire draguer, boire…finalement rien de très intéressant mais de bonnes soirées tout de même. D’ailleurs elle a rencontré Paul, dans ce même petit troquet, il a huit ans de plus qu’elle, mais elle s’en fiche, elle l’aime, ils emménagent ensemble, elle est heureuse.

 

Nous sommes une petite dizaine d’invités, et c’est ce soir là que je le rencontre. Il est grand, bel homme, vêtu simplement, en jean, chemise et tennis, il a ces petites rides au coin des yeux qui donnent un charme fou à son regard. Il s’appelle Greg. C’est un ami de Paul, et Juliette le connaît depuis peu. Je passe la soirée à ses côtés, je sens que quelque chose se passe entre lui et moi, quand il me regarde je me sens comme une adolescente devant son premier amour, je bois ses paroles, je l’écoute, il m’écoute, je sens que je lui plais.

Quand la soirée se termine, je ne peux m’empêcher de lui demander son numéro de téléphone, il me le donne et prend le mien. Je me promets de ne pas l’appeler, en espérant qu’il le fasse. Il ne l’a pas fait.

 

En fait ce n’est pas tout à fait vrai, ce n’est pas qu’il ne m’appelle pas, le problème c’est que le lendemain de cette soirée, il ne m’a pas encore appelée. Normal, me direz-vous, mais pour moi cela n’est pas normal, et c’est ce qui m’a tué.

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12 octobre 2009

Dernières lectures

Avec un peu de retard je vous fais part de mes dernières lectures:

"Le magasin des suicides" de Jean Teulé: "Imaginez un magasin où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l'humeur sombre jusqu'au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre."
Un livre drôle, je l'ai lu en une après-midi, si vous aimez l'humour noir, caustique...allez y.

"Passer l'hiver" d'Olivier Adam:
"Ils sont sonnés, lessivés, cassés. Un souffle suffirait à les faire tomber. Pourtant, les personnages de ce livre possèdent une force intérieure insoupçonnée. Chauffeur de taxi, infirmière, ex-taulard ou vendeuse de supermarché, ils s'accrochent à la vie avec l'énergie du désespoir. Ce sont des invaincus."
Un recueil de nouvelles que j'ai beaucoup aimé.

"A l'abri de rien" d'Olivier Adam: "
Marie a perdu le fil de sa vie. Plus rien n'arrête son regard, sauf ce jour-là, un groupe d'hommes en haillons  massés près du Monoprix. Sans savoir pourquoi, elle pénètre dans la tente dressée près de la mairie, se joint aux bénévoles pour servir des repas à ceux que, dans la ville, on appelle les 'kosovars'. Négligeant sa famille, indifférente aux attentions de son mari, à la tendresse de ses enfants, elle se consacre entièrement à la survie de ces hommes en perdition. Elle leur donne tout : de la nourriture, des vêtements, son temps, son argent. Entraînée malgré elle dans un drame intime, elle s'expose à tous les dangers, y compris celui d'y laisser sa peau."
Le même auteur que ci-dessus, un roman sympa mais auquel je ne trouve rien d'exceptionnel. Pour info, Olivier Adam est l'auteur de "Je vais bien, ne t'en fais pas" que si vous n'avez pas lu, vous avez certainement vu au cinéma.

"Le pays où l'on n'arrive jamais" d'André Dhôtel: "
Fils de forains, Gaspard est élevé par sa tante qui désire lui éviter la vie désordonnée des nomades. Mais un sort malicieux s'empare sans cesse de ce jeune garçon. Par hasard, il rencontre un enfant fugitif qui a décidé de retrouver 'Maman Jenny' et le pays de son enfance 'le Grand Pays'. Et Gaspard est entraîné, malgré lui, par une suite de péripéties merveilleuses, à suivre ce nouveau camarade. Grâce à leur étrange compagnon, un cheval aux intuitions fulgurantes, la ténacité des enfants sera récompensée."
J'ai eu beaucoup de mal à me mettre dedans et j'ai trouvé que ça trainé un peu en longueur.

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09 septembre 2009

Un petit service...

Coucou à tous,
je souhaite vous demander, à vous qui me lisez un petit service, cela ne vous prendra pas beaucoup de temps.
Je mets ci-dessous une liste de sept nouvelles qui sont sur ce blog, et j'aimerais que chacun d'entre vous, que je vous connaisse  ou non, les classe dans un ordre de préférence (en 1 celle que vous préférez, etc...).avec vos commentaires éventuellement. Ce serait gentil de votre part.
Vous pouvez le faire en commentaire ou par mail en cliquant sur "contacter l'auteur" sur la page d'accueil du blog. Je vous met les liens si vous souhaitez les relire.
Merci d'avance.

Etrange promenade
http://laplumedheloise.canalblog.com/archives/2009/03/24/index.html
Frayeur dans l'immeuble http://laplumedheloise.canalblog.com/archives/2009/04/09/index.html
Nuit perdue http://laplumedheloise.canalblog.com/archives/2009/04/17/index.html
Rentrée http://laplumedheloise.canalblog.com/archives/2009/05/03/index.html
Une rencontre inattendue http://laplumedheloise.canalblog.com/archives/2009/05/25/index.html
Trente ans http://laplumedheloise.canalblog.com/archives/2009/07/31/index.html
L'amour face cachée http://laplumedheloise.canalblog.com/archives/2009/08/24/index.html

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05 septembre 2009

Toujours au fond du carton...

Voici le deuxième texte datant d'il y a dix ans...J'avais beaucoup d'imagination à l'époque!!! Il y a des incohérences, le temps choisi n'est pas le meilleur, mais quand j'ai retrouvé ça au fond d'un carton et que je l'ai relu...j'ai bien rigolé! 1999 était ma période à fond dans le théâtre et l'Italie...vous l'aurez compris...
Bonne lecture!

Voler…

Depuis son plus jeune âge, elle passait des heures à scruter le ciel de ses grands yeux clairs pour y voir passer les oiseaux, et, aujourd’hui, comme tous les autres jours après son travail, elle était venue s’asseoir sur ce même banc dans l’espoir qu’il viendrait.
Qui était ce « il », elle ne le connaissait pas, tout ce qu’elle savait de lui, c’était qu’un jour il l’emmènerait « là-haut », qu’elle se perdrait dans les nuages et deviendrait, elle aussi un oiseau.
Elle était persuadée que lorsqu’elle mourrait, elle se retrouverait « là-haut », elle imaginait ça comme un autre monde au-dessus du notre : le ciel, la terre, le ciel, la terre, etc...pleins de mondes les uns au-dessus des autres.
Elle y croyait depuis son enfance. Sa mère était très croyante et souvent elle lui parlait de « là-haut », mais la petite fille qu’elle était à l’époque n’avait pas compris tout de suite, c’est à la mort de son père qu’elle avait réalisé ce que cela signifiait. Elle ne croyait pas en Dieu, mais elle croyait au Ciel.

Carla avait vingt-cinq ans, elle était née un matin de printemps, d’une mère médecin et d’un père professeur. Elle avait eu une enfance heureuse jusqu’à la mort de son père, elle avait alors dix-huit ans. Depuis, elle vivait seule avec sa mère et son frère Paolo, et venait chaque jour s’asseoir sur ce banc pour l’attendre.
Attendre qui, elle ne le savait pas exactement, elle savait que c’était un homme, que ce serait l’homme de sa vie, or depuis maintenant sept ans qu’elle attendait, personne n’était jamais venu, mais ce soir elle le sentait, il allait venir.
Pourquoi ce soir ? Elle ne le savait pas, peut-être parce que pour la première fois depuis un mois, le soleil brillait de tous ses feux, ou peut-être parce qu’elle venait enfin de décrocher le rôle qu’elle désirait depuis toujours, celui de « Juliette », et qu’il ne manquait plus qu’un personnage : « Roméo ».
Depuis cinq ans qu’elle exerçait le métier de comédienne, elle avait tenté deux fois de décrocher ce rôle, sans y parvenir, mais là elle l’avait, c’était le plus beau jour de sa vie.

- Je peux m’asseoir ?
Carla n’entendit pas tout de suite.
- Excusez-moi, Mademoiselle, puis-je m’asseoir ?
Carla se retourna. C’était un homme d’une trentaine d’années, grand, brun, elle remarqua tout de suite ses grands yeux marrons et son teint hâlé. « Il doit être italien » se dit-elle. Elle s’en doutait pour la simple raison qu’elle était elle-même d’origine italienne, son père était né à Parme et sa mère avait vécu une partie de sa jeunesse à Bologne.
- Je vous en prie, répondit-elle enfin.
L’homme ouvrit un journal et se plongea dans sa lecture.
Carla le regardait, elle connaissait cet homme, elle était persuadée de l’avoir déjà rencontré.
L’homme s’aperçut que Carla l’observait, mais il n’eut pas l’air gêné du tout.
La nuit commençait à tomber, Carla décida donc de rentrer, elle devait se lever tôt le lendemain afin de se procurer son texte.
Elle laissa donc cet étrange inconnu et rentra chez elle.

- Alors, alors ?! Tu l’as eu ?
C’était Hugo, son frère, qui venait de se jeter sur elle.
- Quoi ?
- Le rôle ! Juliette !
- Oui ? je l’ai eu, je dois passer demain matin chercher mon texte chez Pierre.
- C’est formidable !
Hugo était un peu plus âgé que Carla, il vivait avec elle et leur mère.
- Je vais me coucher, je suis crevée.
- Attends, tu as oublié ?
- Oublié quoi ?
- Je pars demain avec maman, donc on ne se revoit pas avant un mois.
Hugo et leur mère avaient prévu depuis des mois de faire le tour de leur famille en Italie, cela prendrait environ un mois et Carla ne pouvait y aller à cause de son travail.
- Ah oui ! C’est vrai. Tu embrasseras maman, de toute façon je vous appellerai, et 
puis embrasse bien tout le monde là-bas, d’accord ?
- D’accord. Tu vas me manquer.
Hugo embrassa sa sœur, puis Carla alla se coucher.
Elle repensait à cet homme, sur le banc, elle était persuadée de le connaître, mais qui était-ce ?


DRINGGG…DRINGGG… !!!
Carla regarda son réveil, il était six heures et ce n’était pas le réveil qui sonnait mais le téléphone.
Le temps qu’elle se rappelle qu’elle était seule et que personne ne pouvait répondre, la sonnerie avait cessé.
Carla se rendormait lorsque la sonnerie retentit à nouveau.
Cette fois elle se leva et alla répondre.
- Allo…Allo ?
Personne ne répondait. Carla entendait seulement un soupir, elle savait qu’il y avait quelqu’un au bout du fil.
L’émetteur finit par raccrocher.
Carla ne s’inquiéta pas de cet appel et alla se préparer.


- Ce n’est pas possible, je ne serai jamais à l’heure avec ces embouteillages !
Comme chaque matin, Carla pestait dans sa voiture, elle était toujours en retard et elle disait que c’était à cause des bouchons, mais en fait, elle était comme ça, bouchons ou pas, elle n’était jamais à l’heure.
- Ah Carla ! Je ne t’attendais plus !
- Je suis désolée Pierre, mais les embouteillages, tu sais ce que c’est.
Pierre était metteur en scène, c’était lui qui avait choisit Carla pour interpréter Juliette.
- Ah au fait, un certain Julien a téléphoné, il voulait te parler, je lui ai demandé de 
laisser son numéro mais il a refusé, il m’a dit de te dire que tu avais beaucoup changé des cinq dernières années.
- C’est tout, il n’a dit que ça ?
- Non, il a aussi dit que vous vous connaissiez très bien.
- Mais je ne connais aucun Julien.
- Ecoute Carla, tu réfléchiras à ce Julien plus tard, il faut que je te donne ton texte, je 
vais le chercher.


- Carla !
- Salut Sarah, ça va ?
- Oui, mais toi ça n’a pas l’air d’aller très fort.
- Non, il se passe quelque chose d’étrange.
Sarah était la meilleure amie de Carla, elles travaillaient ensemble sur certaines pièces. Elles allèrent prendre un café et Carla lui raconta ce qui commençait à la tourmenter. L’homme sur le banc, le coup de téléphone et ce fameux Julien.
- Ecoute Carla, si tu n’es pas rassurée, je peux venir passer quelques jours chez toi, 
Ça ne me dérange pas.
- Je ne veux pas t’ennuyer avec mes problèmes, ces coups de téléphone étaient 
sûrement des erreurs.


En rentrant chez elle pour déjeuner, Carla croisa l’homme qu’elle avait rencontré la veille, il sortait de chez sa voisine, elle lui dit bonjour de loin et rentra chez elle. En ouvrant la porte, Carla s’aperçut qu’elle avait été cambriolée, tout était à terre, elle entendit un bruit dans l’escalier, elle courut dans la cuisine et s’empara d’un couteau. Elle commença à monter l’escalier, lorsqu’un énorme chien lui bondit dessus, Carla hurla avant de s’apercevoir que ce n’était qu’un chien, elle réussit à le maîtriser. Il était apeuré, il avait du de perdre et se réfugier chez Carla, celle-ci ayant sûrement encore oublié de fermer sa porte.
Remise de ses émotions, elle regarda la médaille que portait le chien, un nom y était inscrit : « Antonio Varlia 01.23.65.94.47 »
Carla s’empressa de téléphoner à cette personne, elle n’aimait pas les chiens et voulait se débarrasser de celui-ci le plus rapidement possible. La personne en question lui dit qu’elle passerait chercher son chien dès que possible.
Ce nom « Antonio Varlia » lui disait quelque chose, mais elle ne s’en rappela que lorsque cet homme sonna à la porte pour venir chercher son chien. Antonio était un jeune homme avec qui Carla avait fait ses études, elle avait eu une aventure avec lui vers l’âge de vingt ans, mais cette histoire s’était assez mal terminée, Antonio l’avait trompé et Carla l’avait quitté, mais celui-ci ne l’avait pas supporté, il avait essayé à plusieurs reprises de le recontacter mais Carla avait toujours refusé de le revoir. Aujourd’hui, pour elle c’était une vieille histoire.
Elle ouvrit la porte, et la personne qu’elle aperçut alors n’était autre que l’homme qu’elle avait vu la veille sur le banc, c’était bien Antonio.
- Bonjour Antonio.
- Salut Carla, si j’avais su que c’était chez toi que mon chien avait fait irruption…je 
peux le remercier, grâce à lui, je t’ai retrouvé.
- Oui…Euh, alors comment ça va depuis tout ce temps ?
Carla se sentait mal à l’aise, le fait de revoir Antonio lui rappelait de mauvais souvenirs, bien sûr, elle ‘l’aimait à l’époque, mais lui était assez violent et lui arrivait souvent de la battre, mais Carla ne se plaignait jamais, jusqu’au jour où elle avait découvert la liaison qu’il entretenait avec une autre femme, il l’avait battu plus violemment que les autres fois et Carla s’était enfuie, il avait essayé de la reconquérir, amis elle ne voulait plus entendre parler de lui. Avec le temps la douleur s’était estompée et maintenant, en le voyant, Carla ne lui en voulait même plus.
- Ca va, et toi ?
Ils ne savaient pas trop quoi se raconter étant données les circonstances dans lesquelles ils s’étaient quittés, mais se disait qu’ils avaient mûri et que leur histoire était du passé, qu’ils étaient assez intelligents pour ne pas en parler.
- Entre je t’en prie.
Antonio entra.
- Tu vis toujours avec ta mère et Hugo ?
- Oui, on s’entend bien, ils sont partis en Italie.
- Et toi, tu n’y vas pas ?
- Non, je viens d’obtenir un rôle important.
Ils s’installèrent, Carla prépara du café tout en discutant avec Antonio de ces dernières années pour détendre l’atmosphère.
Alors qu’ils commençaient à bien discuter, le téléphone sonna, Carla alla répondre, c’était Pierre qui lui disait qu’il passerait d’ici une demi-heure pour voir quelques détails par rapport au texte.
Carla s’apercevait en discutant avec Antonio qu’il avait beaucoup changé, il lui raconta ce qu’il devenait, il était réalisateur, et il lui montra des photos de sa femme et sa petite fille.
Mais Carla se posait quand même une question :
- Depuis quand habites-tu ce quartier ?
- Je n’y habite pas, je fais un film dans le coin, donc les parentes de ma femme ont 
accepté » de me prêter leur maison pendant qu’ils sont partis en croisière.
On sonna à la porte.
- Ca doit être Pierre.
Elle alla ouvrir
- Ah !!!
- Que se passe t-il ?
Antonio avait entendu Carla hurler et s’était précipité à la porte pour voir ce qu’il se passait.
Carla était tétanisée. Par terre, devant la porte, le corps de Pierre gisait avec un couteau plein de sang planté sur son cœur, puis une inscription était gravée sur son visage.
« LA PROCHAINE CE SERA TOI ! »
Antonio ferma la porte, Carla était devenue très pâme.
- Je vais appeler la police.
Antonio s’empara du téléphone.


L’agent qui venait d’arriver, était en train d’interroger Carla pendant que ses hommes transportaient le corps.
- Connaissez-vous cet homme ?
Carla s’était calmée.
- Oui, c’est mon metteur en scène.
- Aviez-vous des soucis avec lui ?
- Non, il venait pour revoir mon texte, il m’a téléphoné tout à l’heure.
- Avez-vous reçu des menaces ces derniers jours ?
- Non.
Puis elle se rappela le coup de téléphone qu’elle avait reçu et en parla à l’inspecteur.
Carla était terrorisée, Antonio lui proposa de rester avec elle pour la nuit, elle accepta, elle ne voulait pas rester seule.



Carla avait fait des cauchemars toute la nuit, deux agents étaient restés devant chez elle pour surveiller sa maison.
Sarah passa la voir dans l’après-midi, elle était effondrée.
Antonio rentra chez lui et téléphona à Carla le soir pour savoir si tout allait bien.
L’enterrement de Pierre avait lieu le surlendemain, tous les comédiens étaient présents, les gens qui travaillaient avec lui, bien que Pierre n’eut pas de famille, l’église était remplie de gens qui l’aimaient et avec qui il avait vécu, car personne ne le connaissait vraiment, on ne savait rien de son passé, il ne vivait que pour son étier.


Quelques jours passèrent, Carla avait repris le travail mais c’était difficile, il avait fallu trouver un metteur en scène et Carla fur surprise lorsque Sarah lui présenta, il s’agissait d’Antonio, mais ca ne s’arrêtait pas là, faute de temps celui-ci s’était proposé pour tenir le rôle de « Roméo ».
Carla trouvait que cela faisait beaucoup pour une personne qu’elle n’avait pas vu depuis cinq ans, mais elle Avit tellement travaillé pour obtenir ce rôle qu’elle devait monter cette pièce même si Antonio devait en faire partie.
Elle répétait tous les jours avec son amie Sarah, mais un jour, alors qu’elle l’attendait depuis une heure, ce qui ne l’inquiétait guère puisque Sarah était rarement ponctuelle, c’est Antonio qui était arrivé, lui disant qu’il avait rencontré Sarah et qu’elle ne pouvait pas venir. Mais la sonnerie du téléphone avait retentit, c’était la sœur de Sarah, en larmes, il était arrivé quelque chose.
Carle ne le sut qu’en arrivant à l’hôpital. Les freins de la voiture de Sarah avaient lâché alors qu’elle venait chez Carla, ses jours n’étaient pas en danger, mais elle était très choquée par l’accident.
Carle était bouleversée. D’abord Pierre, puis maintenant Sarah. Toutes les personnes dont elle était proche étaient touchées, c’était comme une épidémie qui ne s’attaquait qu’à ses proches ;
Le jour qui suivit l’accident de Sarah, Carla décida de se rendre chez l’inspecteur qui était venu à la mort de Pierre, afin de savoir où en était l’enquête. Elle apprit alors que les freins de la voiture de Sarah avaient été trafiqués et qu’une fois de plus une inscription avait été découverte sur le moteur : « JE LA TUERAI ! »
L’inspecteur expliqua à Carla qu’il s’agissait d’un malade, et qu’il était très dangereux.
- Mais pourquoi s’en prend-il à mon entourage ? Aux gens que j’aime ?
- Parce que c’est à vous qu’il en veut. Rappelez vous la première inscription a été 
découvert sur le corps de Pierre qui était chez vous et elle disait : « la prochaine, ce sera toi ! » , c'est-à-dire vous, Carla.
- Mais ça va durer combien de temps ? S’il veut me tuer, il va finir par y arriver !
- Ecoutez Carla, il y a deux de mes hommes à chaque entrée de votre maison.

Carla avait décidé de se plonger dans le travail pour oublier tout ça, la représentation avait lieu le samedi soir et nous étions déjà mercredi. Elle voulait que ce soit parfait. Elle répétait avec Antonio, ça se passait bien jusqu’au jour où, répétant la scène du baiser, celle que Carla redoutait le plus, Antonio se jeta sur elle, ne cessant de l’embrasser, il commençait à la déshabiller avec violence. Carla voulait crier afin que les agents se rendent enfin utiles, mais Antonio l’en empêchait.
Elle réussit à attraper le téléphone et à le frapper avec. Antonio devint encore plus violent, Carla finit par le frapper et réussit à se lever, elle alla chercher les agents qui emmenèrent Antonio.
Carla était bouleversée, sa vie devenait un vrai cauchemar dans son rêve le plus cher, car jouer « Juliette » était son rêve le plus cher, mais ce qui arrivait était un véritable cauchemar.

Le lendemain, Carla aperçut Antonio au théâtre, les agents lui avait juste fait une petite morale…Il se dirigea vers Carla.
- Ecoute, je suis désolée, je en sais pas ce qui m’a pris, je crois que j’avais un peu 
trop bu, je suis vraiment désolé.
Alors, écoute Antonio, que ce soit clair, ce qui s’est passé hier soir, je ne te le pardonnerai jamais, quant à maintenant, on fait la représentation samedi et après je ne veux plus jamais entendre parler de toi.
- Mais Carla, je t’ai dis que je suis dés…
- Je ne veux pas le savoir, tu m’entends ? Je ne veux plus te voir, ni maintenant, ni 
dans dix ans, jamais !!!
Leur conversation s’était arrêtée là, Carla avait décidé de faire la représentation avec Antonio car elle n’avait pas vraiment le choix, mais après ca serait terminé, elle l’oublierait vite, très vite.


Carla ne tenait plus en place, nous étions samedi, il était dix-huit heures et la représentation avait lieu dans deux heures.
Pendant ces deux heures, elle resta seule à s’échauffer, sa mère l’avait appelé pour lui souhaiter bonne chance. Carla ne lui avait pas parlé de ce qui s’était passé ces derniers jours pour ne pas l’inquiéter.
Dix-neuf heures quarante-cinq, Antonio n’est toujours pas là, Carla s’inquiète.
- Il va tout ficher par terre s’il n’arrive pas !
Enfin, alors que la pièce commence, Antonio arrive, Carla est stressée, c’est bientôt à elle ;
Là arrive le moment tant attendu de Carla, son monologue.
Elle se retrouve seule sur scène, pour elle c’est comme si elle était seule au monde, mais pendant qu’elle récite, Carla revoit les images de Pierre, Sarah, Antonio, elle se sent mal, mais elle doit continuer. Elle a attendu ce rôle si longtemps, qu’elle ne doit pas laisser passer cette chance. 
Elle arrive à la fin, elle est perturbée, ça se voit, elle se dit que le public doit le sentir aussi.
Mais d’un seul coup, alors que Carla termine son monologue, elle est happée par une corde qui la serre au cou, l’inspecteur qui est dans la salle, comprend vite que quelqu’un es là-haut, au dessus de la scène, il y envoie ses hommes, Carla hurle, elle étouffe.


Carle sent qu’on lui enlève la corde, elle suffoque. Elle se remet et cherche à voir qui lui a enlevé.
- Antonio ! Mais pourquoi ?
Antonio la prends dans ses bras et l’emmène au bord du bâtiment, Carla aperçoit la ville dans la nuit, elle a peur.
- Tu rêves toujours de voler ?
Carla ne répond pas.
- Comme tu ne veux plus de moi, j’ai décidé de partir, partir de ta vie, mais quitter la 
vie aussi. Puisque tu aimes voler, on va s’envoler tous les deux, ça va être magnifique, la nuit il paraît que c’est plus beau.
- Monsieur Antonio Varlia ! Je vous arrête pour le meurtre de Monsieur Pierre Béral, 
la tentative de meurtre de Mademoiselle Sarah Martin, et la tent...
- Arrêtez ou je saute avec elle !
Carla commence à perdre connaissance, elle ne se débat plus.
- Aahhh !!!
- Mon Dieu, faîtes quelques chose ! crie l’inspecteur à ses hommes.
Antonio vient de se prendre une balle dans la jambe, il a lâché Carla, elle est tombé.
- Ca va, ca va.
C’est Carla qui remonte, elle est tombée sur le rebord, elle est choquée.
Antonio veut se jeter sur elle, mais l’inspecteur tire dans l’autre jambe.


Antonio a été condamné à vingt ans de prison, et est sorti au bout de quinze.
Une semaine après sa sortie il tentait de tuer sa femme et s’est finalement fait assassiner par un inspecteur.
Carla a mis du temps à surmonter cette épreuve, elle est retournée vivre en Italie où elle continue d’exercer son métier
.

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26 août 2009

Au fond d'un carton...

Parfois ça a du bon les déménagements...aujourd'hui en rangeant un tas de papiers qui trainaient depuis....j'ai découvert deux textes que j'avais écrit il y a dix ans! Et oui...Incroyable.
Ci-dessous le premier, écrit en août 1999, un soir d'été (c'est précisé sur le papier). Je l'ai juste retapé à l'ordi, sans rien y changer. Ce texte ne parlera pas forcément à tout le monde, mais je trouvais sympa de publier ici ce que j'ai pu écrire dix ans en arrière.

Si Dieu était vraiment un dieu, il ne ferait pas mourir. Il ne punit pas le défunt, il punit tous les autres, pourquoi ?

Mourir c’est quoi ? Enlever la vie à quelqu’un qui se l’enlève tout seul. Il est mort jeune, sans connaître les autres, eux, moi. Dans un bois, l’alcool, les médicaments, une mort triste qu’il a choisit, pourquoi ? Il l’a écrit, je ne le sais pas. Je me rappelle, il était jeune, brun, son peignoir bleu semblait éternel. Gentil, il devait l’être. Ils étaient neuf, sa mort a déchiré une famille déjà brisée par le manque d’amour. Des parents font des enfants pour les chérir, les aimer, pas pour les faire souffrir.

Elle, morte par le mois qui annonce l’été a souffert, elle était là, près de moi, je ne l’ai pas vue, la peur peut-être, je ne sais pas. Affaiblie, elle aimait sûrement mais ne savait pas le montrer, elle ressemblait à une vraie grand-mère.

Le huit juin, téléphone, ça y’est, maman part, je cours sans savoir où je vais, je pleure, je tombe, elle est morte.

Un autre, je ne l’ai pas connu, il était gentil, simple, beau peut-être. Il est mort d’avoir trop fumé. Je l’aime sans l’avoir connu, il devait être formidable. Elle, est tombée folle. Etrange, vieillir c’est redevenir un enfant, tout réapprendre. Malheureuse sans doute, elle est morte, je ne me rappelle pas, malade, j’allais la voir, c’est tout. Mourir.


A venir, un deuxième texte vieux de dix ans, mais là, attention, je crois que c'est une histoire policière...

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24 août 2009

L'amour face caché...

Voici une petite nouvelle écrite à la demande d'une amie. Pour une fois ce n'est absolument pas inspiré de ma vie (je le précise avant qu'on me pose la question). J'ai juste écrit son histoire, ce qu'elle vit en ce moment et inventé une fin qui me semble la meilleure pour elle... Bonne lecture.


Une semaine qu’elle est sans nouvelles de Kévin…Juliette ne tient plus. Elle savait qu’il partait en vacances, il l’avait bien prévenue, mais il n’avait pas précisé qu’il la laisserait sans nouvelles. Elle a bien tenté de lui envoyer un ou deux sms, mais ceux-ci sont toujours restés sans réponses. Il faut dire que leur relation est quelque peu…particulière.

Cela fait quelques mois qu’ils se sont rencontrés, au cours d’une soirée. Le courant est tout de suite passé entre eux, des regards se sont échangés. Kévin est un garçon très gentil, plutôt mignon dans son genre. Son seul problème pourrait se résumer en un mot : les « potes ».

Kévin et sa bande de potes c’est une histoire qui dure depuis des années… Il ne fait jamais rien sans eux, ils passent avant tout le reste. Quand elle l’a rencontré, Juliette n’imaginait pas qu’il en serait ainsi, elle pensait qu’à trente ans, il serait capable de laisser ses amis de côté, enfin, de temps en temps, pour se consacrer à l’amour. Mais elle s’est trompée. Ils se voient régulièrement tous les deux, mais toujours en cachette. Kévin ne veut pas que ses amis soient au courant de cette relation. Parfois ils se retrouvent chez « Marius », leur petit troquet commun, mais à chaque fois, Kévin l’ignore avec brio. Il s’installe avec ses amis, et jette des regards qui en disent long, discrètement en direction de Juliette. Ils peuvent passer des heures ainsi, chacun à leur table, avec leurs amis sans se parler, puis bien souvent en fin de soirée, l’un des deux quitte le troquet, envoie un sms à l’autre, et ils se rejoignent…chez Kévin. Dans ces moments là, Juliette découvre un Kévin terriblement tendre et attentionné. Mais le lendemain, tout recommence. Juliette a bien tenté de connaître les sentiments de Kévin, mais il n’y a faire, il se ferme et élude la question à chaque fois. Peut être a-t-il un jour été déçu par une relation amoureuse, ce qui pourrait expliquer sa peur de s’engager. Ou peut-être qu’il a honte de Juliette, ce qui serait ridicule puisqu’elle connaît la plupart de ses amis, avec qui elle s’entend plutôt bien. Juliette a beau y réfléchir, elle ne comprend pas. Il semble tout simplement s’intéresser plus à ses amis qu’à elle. Mais alors pourquoi toutes ces belles paroles quand ils se retrouvent seuls ?

Toujours est-il que Juliette est sans nouvelles de Kévin depuis qu’il est parti en vacances. Elle s’est promis de ne plus lui envoyer de sms, mais c’est difficile.

Au début Juliette ne voulait parler à personne de cette relation, puisqu’elle était « cachée », mais récemment elle a ressenti le besoin de se confier, alors petit à petit elle en a parlé à ses amis. Ils ne comprennent pas bien le comportement de Kévin. Claire, une de ses amies, lui a dit que si celui-ci était vraiment amoureux, il ne ressentirait pas le besoin de se cacher, bien au contraire, quand on est amoureux, on a envie de le crier au monde entier ! Juliette sait que Claire a raison, mais elle est amoureuse, alors elle excuse Kévin et trouve de bonnes raisons à son comportement. Elle a bien tenté de rompre avant qu’il parte en vacances, elle lui a expliqué, par téléphone, qu’elle tenait beaucoup à lui, et que cette relation « étrange » lui pesait. Kévin lui a simplement répondu qu’elle avait sans doute raison, qu’il valait mieux en rester là, qu’il ne lui apporterait pas ce qu’elle souhaite, qu’elle méritait quelqu’un de beaucoup mieux. A la minute même, Juliette regrettait d’avoir rompu. Elle sait que si elle rompt cette relation, elle perdra définitivement Kévin, or, elle aime passer de bons moments avec lui, parfois ces moments vont bien plus loin que du simple papotage, mais parfois, Kévin se confie à elle, et Juliette ne veut pas perdre ça.

 Alors, le lendemain même, elle a fait machine arrière, elle est passée chez Kévin, ils ont discuté, et leur relation a repris où elle s’était arrêtée. Ils ont prévu de faire des choses ensemble, d’aller au cinéma, de se balader…peut-être le début d’une vraie relation amoureuse ? Juliette aime y croire mais sait au fond d’elle-même qu’ils ne vivront jamais leur amour pleinement. La meilleure chose qui pourrait arriver serait que l’un d’entre eux rencontre quelqu’un d’autre et en tombe réellement amoureux. Juliette aimerait rencontrer un homme, mais son cœur est pour le moment entièrement occupé par Kévin.

Pour voir ce qu’il en est, Juliette a invité Kévin à une soirée cette semaine, un petit dîner entre amis qu’elle organise chez elle. Elle lui a laissé un message pour l’inviter, il a répondu qu’il viendrait. Juliette en est ravie. Ce sera vendredi soir.

Il a fait chaud toute la semaine, mais nous sommes vendredi soir et le temps semble changer, la soirée s’annonce mal. Le ciel est couvert, il ferait même presque frais dehors. Juliette a préparé une jolie table pour accueillir ses invités, elle a prévu de quoi manger et boire pour une décennie…Elle attend quinze personnes et est dans un état de stress permanent depuis qu’elle s’est réveillée ce matin. Cette soirée, elle en a même fait des cauchemars la nuit précédente. Elle a donné rendez-vous à tout le monde à vingt heures dans son jardin. Elle est impatiente que Kévin arrive, de toute façon, elle commence à le connaître, elle ne croira qu’il vient que lorsqu’il apparaîtra devant elle. Bien sûr elle est ravie de voir ses autres amis aussi, mais Kévin c’est forcément particulier, elle espère bien que ce soir devant ses amis il va faire un effort et montrer ses sentiments, comme n’importe quel couple.

Le temps passe, il est plus de vingt heures et personne n’est encore arrivé. Juliette est en panique :

- Et si personne ne vient ?!

- Juliette, quinze personnes t’ont dit qu’elles venaient, alors cesse de t’inquiéter, ils sont

juste un peu en retard.

Claire tente de rassurer son amie. Quelques minutes de retard, cela peut arriver. A vingt heures trente, plusieurs invités sont déjà là, mais Juliette fulmine de son côté…aucune trace de Kévin, il semble qu’il soit chez « Marius ». Elle sait bien ce que cela signifie, il est à l’apéritif avec ses amis, et un verre en entrainant un autre, il risque de ne pas venir.

- Je vais lui envoyer un message pour savoir

Claire ne dit rien, elle sait qu’elle ne peut pas empêcher Juliette. Celle-ci envoie son message, Kévin lui répond dans la foulée qu’il arrive d’une minute à l’autre. La voilà soulagée, il ne manque plus que lui.

Effectivement, Kévin arrive peu de temps après…accompagné…d’une amie.

Juliette prend sur elle et n’apprécie guère cette invitée surprise, pour elle cela veut tout dire.

Claire tente de la rassurer, peut-être a-t-il croisé cette copine dans la soirée, elle n’avait rien de prévu et il l’a invité pour qu’elle ne soit pas seule, en plus Kévin et son amie Amandine se connaissent depuis une dizaine d’années. Il n’y a sûrement pas lieu de s’inquiéter.

Juliette ne cesse de les regarder durant toute la soirée, Kévin ne lui adresse pas la parole, il reste collé à son amie. C’est certain il se passe quelque chose, Juliette en est persuadée. Pourquoi es il venu avec elle, il y a forcément une raison à cela.

La soirée se déroule dans une bonne ambiance, tout le monde a l’air ravi. Juliette tente d’entamer la conversation avec Kévin, mais il n’y a rien à faire, il n’accroche pas. Peut-être essai t-il de lui faire comprendre que cela ne sert à rien, que leur relation ne mènera nulle part. Mais cela, Juliette le sait déjà. Elle espérait juste qu’en venant chez elle, Kévin lui accorderait un peu plus d’attention, elle s’est trompée.

Vers minuit, Kévin et Amandine quittent la soirée…ensemble.

Juliette est en colère, elle prend sur elle. Elle envoie quelques messages à Kévin, mais ceux-ci restent une fois de plus sans réponse.

Elle est bien consciente qu’elle doit mettre un terme à tout cela mais elle ne se sent pas prête à le faire.

Elle tente tant bien que mal de se ressaisir pour terminer la soirée avec ses amis, mais c’est difficile, Kévin hante ses pensées.

Il est une heure du matin, il ne reste qu’un petit nombre d’invités, quand une voiture s’arrête devant la maison. Juliette n’attend plus personne, peut-être est-ce Kévin qui revient lui avouer qu’il est fou amoureux d’elle, ce serait merveilleux ! Juliette avance dans l’allée pour aller l’accueillir. Elle aperçoit une ombre, il ne semble pas que ce soit Kévin, elle le reconnaîtrait tout de suite.

- Bonsoir, je suis le frère d’Amandine, elle m’a dit qu’elle était ici ce soir, et je devais

juste venir la chercher.

Le jeune homme est tout simplement magnifique, Juliette est béate devant lui, il est brun avec un regard pénétrant. Il regarde Juliette droit dans les yeux. Celle-ci en perd son français.

- Euh…Amandine ? Euh…je ne connais pas d’Amandine….Ah oui, euh…elle est partie

il y a environ une heure…euh avec…avec…

Juliette en a même oublié le prénom de Kévin…

- Elle est partie avec un ami…Kévin. Je ne savais pas que vous deviez passer.

Juliette est complètement perturbée, elle perd ses moyens devant ce bel inconnu.

- Ah, et bien excusez-moi, nous avons dû mal nous comprendre avec ma sœur, désolée

de vous avoir dérangé.

Le jeune homme se dirige vers sa voiture.

- Non, mais attendez. Vous ne me dérangez pas, j’ai encore quelques amis qui sont là,

venez prendre un verre avec nous.

Juliette ne se reconnaît pas, elle vient d’inviter un inconnu chez elle, et pas n’importe quel inconnu, le frère de cette fille que Kévin a ramené.

Le jeune homme se retourne, s’approche de Juliette. Il la regarde à nouveau.

- Ce serait avec plaisir….

L’espace de quelques secondes, Juliette s’aperçoit qu’elle a oublié Kévin, ce même Kévin qui la rendait folle il y a encore quelques minutes.

Juliette serait-elle enfin libérée par cette rencontre ?

 

 

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21 août 2009

L'histoire de Guernesey

Qui n'a pas entendu parler de ce livre? "Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates", de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows. Il y a plusieurs mois, un petit article paru dans le magasine "Elle" m'avait donné envie de me le procurer, le prix m'a fait patienter, mais pas très longtemps car à force d'en entendre parler par des amis, je l'ai acheté. On m'a plusieurs fois proposé de me le prêter, mais non, celui-ci devait être dans ma bibliothèque! C'est chose faite.
Que dire pour vous donner envie de le lire? Il s'agit d'un roman, basé uniquement sur des lettres, j'avoue que les trois premières pages, j'ai cru que je n'allais pas accrocher, le principe des lettres me dérangeait, et finalement je suis très vite entrée dans l'histoire avec beaucoup de plaisir.

Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, un natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis - un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d'un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d'une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates...) délices bien évidemment strictement prohibés par l'occupant. Jamais à court d'imagination, le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates déborde de charme, de drôlerie, de tendresse, d'humanité Juliet est conquise. Peu à peu, elle élargit sa correspondance avec plusieurs membres du Cercle et même d'autres habitants de Guernesey , découvrant l'histoire de l'île, les goûts (littéraires et autres) de chacun, l'impact de l'Occupation allemande sur leurs vies... Jusqu'au jour où elle comprend qu'elle tient avec le Cercle le sujet de son prochain roman. Alors elle répond à l'invitation chaleureuse de ses nouveaux amis et se rend à Guernesey. Ce qu'elle va trouver là-bas changera sa vie à jamais.

Un beau livre à lire absolument


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N'hésitez pas à laisser votre avis sur ces livres!

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05 août 2009

Le mec de la tombe d'à côté

Non je n'ai pas cessé de lire, mais plus de trois semaines de vacances bien remplies entre festival et navigation en Bretagne, je n'ai pas eu beaucoup le temps de lire.
"Le mec de la tombe d'à côté" de Katarina Mazetti, est un livre dans lequel j'ai mis beaucoup de temps à me plonger, je me suis plus d'une fois endormie dessus, et finalement je suis ravie d'être allée jusqu'à la dernière page.

Résumé:
Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire de métier, et citadine pragmatique, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance. Au cimetière, elle rencontre le mec de la tombe d'à côté, dont l'apparence l'agace autant que la tombe avec sa stèle tape-à-l'oeil. Depuis le décès de sa mère, Benny  vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s'en sort comme il peut, de façon assez rustique, et grâce à une bonne dose d'humour et d'autodérision. Chaque fois qu'il la rencontre, il s'énerve contre la 'Crevette' qui occupe le banc au cimetière avec lui, avec son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Rien, a priori, ne rapproche ces deux-là, et pourtant, il suffira d'un sourire qui éclate simultanément sur leurs lèvres, pour qu'ils soient tous deux éblouis. C'est le début d'une histoire d'amour assez cocasse. Ils sont tout le contraire l'un de l'autre.

Je pense que j'ai mis beaucoup trop de temps à le lire et finalement si je l'avais lu en quelques jours seulement je l'aurai plus apprécié. A vous de juger.

Posté par unoeilcheznous à 18:45 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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